Et, pourtant, le coeur me battait ferme.

Car la phrase du membre de la Convention venait de m'apporter la clef du secret qui avait lié la comtesse de Biéleuze au tabellion guillottiné.

En une seconde, le jour s'était fait dans mon esprit et, alors, bien claires, bien compréhensibles, étaient devenues pour moi ces instructions données par la comtesse mourante, qui, tout à l'heure encore étaient inintelligibles.

—Je te jure que, dans les papiers de mon prédécesseur Aubert, que j'ai lus un à un et jusqu'au dernier mot, il n'existe rien qui atteste un dépôt de plusieurs millions dans l'étude, affirma vivement Taugencel.

—À d'autres! fit d'un ton sec le conventionnel. Aubert faisait les placements d'un tas d'aristocrates qui lui ont laissé leurs écus en partant pour l'émigration. Qu'est devenu cet argent? C'était à toi de le découvrir pour le compte de la Nation. On t'en a averti en te donnant l'étude.

—À défaut d'une seule ligne d'écriture qui m'indiquât où je trouverais ce trésor, j'ai fouillé toute la maison et fouillé les caves. J'en suis arrivé à croire que ces millions n'existent pas, débita le tabellion de la voix désolée d'un homme qui s'afflige qu'on lui ait donne à chercher un merle blanc.

Mais le conventionnel ne se payait pas de raisons pareilles. Tout ironique, il répliqua:

—Ah! vraiment, tu en es arrivé à croire! Eh bien, mon bonhomme, je t'engage à changer de croyance avant la fin du mois, que je t'accorde! car au terme du délai, si tu n'as pas trouvé le magot, je te jure que je te ferai guillotiner.

Taugencel protesta en désespéré.

—Oui, oui, répéta-t-il en geignant, oui, je le soutiens: quand Aubert a été arrêté, il ne possédait pas un sou de ces prétendus millions.