—Il est toujours bien convenu que nous partagerons, me promit mon ancien ange gardien.
—Oui, fis-je; mais en admettant qu'ils aient été cachés dans le souterrain, êtes-vous certain que les millions n'en aient pas été enlevés?
—Par qui? me demanda Croutot en haussant les épaules en homme plein d'assurance. La comtesse, son fils et Julie qui s'étaient transmis le secret, ne sont-ils pas morts… et bien morts?
—La Julie surtout, appuyai-je en riant.
Et je lui contai comment j'avais assisté à sa petite promenade sur l'eau avec la jeune fille qu'il avait jetée dans la Loire.
—Qui veut la fin veut les moyens, me répondit-il sans chercher à nier.
Il avait vraiment l'air si certain de son affaire que je finis par me laisser reprendre à son espérance.
—Ne vous mêlez de rien, laissez moi faire. J'arriverai à déterrer le magot. Ce n'est plus qu'une affaire de temps me dit le roquet opiniâtre.
Le laisser faire? Au fond, c'est ce que j'avais de mieux à exécuter. Je lui abandonnai donc la bride sur le cou. C'est justice à rendre à ce marmouset qu'il veut bien ce qu'il veut. Il passa un bon tiers de son temps à poursuivre ses fouilles dans le labyrinthe… Ce matin même, pendant que nous l'attendions à la métairie et que, d'un autre côté, il était aussi attendu par le général Labor, qui l'avait envoyé chercher à Beaupréau par un hussard, Croutot était venu chercher encore une dernière fois. Par malheur, il s'est rencontré avec le Beau-François qui, ayant une revanche à prendre à son sujet, lui a joué un mauvais tour.
—Est-ce qu'il l'a assommé? s'informa le Marcassin qui, depuis qu'il s'agissait des faits de la matinée, s'était pris d'un plus vif intérêt pour le récit de Taugencel.