Ces mêmes coups de fusil, qui avaient mis le policier et les siens en marche, avaient eu pour Croutot un autre résultat.

Au moment où la cuisson de ses yeux enflammés par le poivre, venant enfin à se calmer, lui rendait à peu près l'usage de la vue, le pygmée entendit tout à coup un craquement sec retentir au-dessus de lui.

Puis un cri de terreur éclata.

Immédiatement, tomba lourdement sur le sol du caveau un corps humain qui, roulant après sa chute jusqu'à la bougie allumée que les compagnons avaient laissée à terre, amena sous les yeux de Croutot un visage pâle et contracté par la peur, qu'il reconnut aussitôt.

C'était la belle Suzanne, la fausse comtesse de Méralec!

Autour d'elle, la bougie faisait scintiller dans l'ombre les mille feux des diamants qui s'étaient éparpillés en s'échappant du coffret que la courtisane avait lâché dans sa chute.

En une seconde, la belle fille fut sur pied, jetant autour d'elle le regard de la bête féroce tombée au fond d'un piège, cherchant à se rendre compte de sa chute, et avisant déjà au moyen de recouvrer sa liberté.

Ce regard circulaire amena sa vue sur Croutot qui, muet et immobile de par ses liens et son bâillon, attachait sur elle des yeux écarquillés par la surprise, mais dans lesquels l'apparition de cette compagne de captivité avait allumé subitement une lueur d'espoir.

—Déliez-moi, semblaient dire les yeux de l'avorton.

Pour le moment, Suzanne était encore toute à l'effarement du brusque engouffrement qui l'avait précipitée en ce traquenard terrible.