Ce disant, il avait rouvert les yeux, ce qui lui permit de voir poindre sur les lèvres de la femme un sourire qui semblait le défier de prouver son dire.

Il se redressa lentement et quand il se fut remis d'aplomb sur son siège, il continua:

—Oui, rien ne me serait plus facile, car il y a ici, pas bien loin, quelqu'un qui te connaît.

La fausse comtesse crut à une ruse.

—Alors fais venir ce quelqu'un, dit-elle d'un ton bref.

—Bah! bah! fit Meuzelin avec insouciance, à quoi bon déranger un brave garçon qui, en ce moment, je le gagerais, doit être agréablement occupé à compter fleurette à une jolie fille que le ciel lui aura envoyée pour charmer sa faction… Et puis, je te l'ai dit, je veux te laisser le mérite de la franchise.

—M'as-tu dis, toi, qui tu es? ricana la femme qui, devant ce refus de faire venir l'individu en question croyait avoir déjà remporté une victoire.

Meuzelin eut un tressaut d'étonnement honteux.

—Ma foi! c'est vrai, fit-il d'une voix piteuse; j'ai manqué à la règle de la galanterie exigeant qu'un homme, qui veut savoir le nom d'une femme, se soit nommé le premier. Donc, je vais te dire mon nom.

Au moment de se nommer, il s'arrêta: