Il poussa un bref cri de joie en trouvant à qui s'attaquer. Alors, il se pencha sur la table pour se rapprocher de moi, et il me cracha à la face.
Son insulte excita un tumulte d'indignation dans la salle. En un clin d'oeil, il fut saisi, enlevé et jeté à la porte.
À Frascati, les tricheries au jeu étaient trop fréquentes pour qu'on en tourmentât la police qui ne demandait qu'à fermer les yeux et ouvrir la main. On se contentait donc d'expulser les escrocs.
Dans ma fureur, à l'affront reçu, j'avais voulu m'élancer à sa poursuite. Je fus contenu par les spectateurs dont bon nombre qui connaissaient mon insulteur, avaient mis son nom sur son visage quand il avait retiré son masque. Parmi eux était le vieux joueur, mon voisin de tapis vert.
—J'aime à croire que vous ne vous battrez pas avec un voleur, me dit-il.
Puis en secouant la tête de façon triste:
—Voilà où conduit la débauche… la passion immodérée des femmes. On commence par dévorer une grande fortune. Après quoi, pour se procurer des ressources, on vole au jeu. C'est l'histoire du vicomte de Biéleuze.
J'étais trop en colère pour prêter grande attention à ces réflexions du vieux joueur, mais je m'accrochai au nom qu'il venait de prononcer.
—Où retrouverai-je ce Biéleuze? demandai-je les dents serrées.
J'étais tombé sur un amateur de plaies et bosses, grand curieux des querelles des autres.