—Oh! le vilain! qui n'a pas la patience d'attendre que la pudeur d'une femme ait cessé sa dernière résistance.
—Tu es si belle, Suzanne! m'écriai-je transporté d'amour.
—Je le serai tout autant tout à l'heure, me répondit-elle avec un sourire reparu sur ses lèvres.
Elle jura qu'elle ne quitterait pas sa retraite que je ne me fusses engagé à la laisser maîtresse du oui de mon triomphe.
Sur ma promesse, elle gagna un petit sopha, sur lequel elle se plaça et, me montrant le tapis à ses pieds, elle me dit:
—Venez ici, monsieur l'empressé, là, à mes genoux. Au moins faut-il que je vous connaisse.
Et quand je me fus agenouillé:
—Contez-moi votre vie! commanda-t-elle.
Elle était bien courte à conter, ma vie de militaire. Beaucoup de misères et bien peu de joies. Si brève qu'elle fût à dire, je l'abrégeai pourtant, car la passion me dévorait. Je me sentais le cerveau en feu et il me fallait un énergique effort de volonté pour ne pas prendre en mes bras cette créature cent fois plus provocante sous ce costume de nuit, qui la voilait entièrement, que dans cette toilette de Frascati, qui me l'avait montrée à demi nue.
Enfin, je ne pus tenir plus longtemps, je me dressai sur pied, répétant d'une voix haletante d'amour: