—La déveine ne peut continuer quand on possède votre hardiesse industrieuse.

—Ah! fit Borax en secouant la tête, la hardiesse ne suffit pas, il faut aussi un habit. Que de gens n’auraient aucune valeur sans leur habit. Tenez, moi, je vendrais demain ma poudre cent francs la boîte si j’avais un elbeuf sur le dos... Un habit propre, bien entendu, car en voilà un sur mes épaules avec lequel il me serait bien difficile de me faire passer, même à un aveugle, pour un brillant vicomte qui revient du Bois. Ah! si j’avais un habit, j’arriverais à tout.

—Vous épouseriez peut-être une princesse?

—Non, attendu que le mariage, c’est comme les chevaux de bois, il faut vraiment aimer ça pour s’y amuser.

—Ah! vous reculez pour la princesse, ricana Paul, qui, par une raison que nous allons dire, s’était peu mêlé à l’entretien.

Le bonhomme parut se froisser de ce ton moqueur du jeune homme et repartit aussitôt:

—Si j’avais un habit, je n’épouserais pas une princesse... parce que ça se rentre, pas dans mes objets de consommation... mais je parie que je vous la ferais épouser.

A ces mots, le peintre se mit à rire en s’écriant:

—Ah! Paul n’est pas ambitieux. Au lieu d’une princesse, il se contenterait seulement d’épouser l’ange de ses rêves... n’est-ce pas?

Pour toute réponse, Paul poussa un soupir qui fit envoler les radis de la table.