—Oh! oh! fit Borax, il paraît, jeune homme, que Cupidon vous a quelque peu égratigné de sa flèche.

—Égratigné? dites donc qu’il l’a embroché... et avec une flèche grosse, comme l’obélisque! appuya l’artiste.

—Oui, dit le charlatan, je connais ces amours-là. On reste en contemplation devant ange pendant des heures, faisant des yeux sur le plat, la main en pigeon vole, et la bouche tellement ouverte que ça donne aux hirondelles l’idée d’y venir faire leur nid. On a l’air d’un homme qui va éternuer.

Paul poussa un second soupir.

—Alors, continua Borax, pourquoi n’épousez-vous pas la demoiselle?

—Pour la simple raison qu’elle est fort riche et que, de mon côté, si je mettais toute ma fortune dans mes deux mains, cela ne m’empêcherait pas de jouer du piano.

Le bonhomme prit un air sérieux.

—Voyons, voyons, dit-il, on pourrait peut-être arranger cela. Précisons d’abord la situation. La jeune personne vous aime-t-elle?

—Comment puis-je le savoir?

—Quand elle vous voit, fait-elle un petit soubresaut comme si on la pinçait dans le dos?