—Allons, Paul, fais des révélations à ton juge. A-t-on l’air de la pincer dans le dos? demanda le peintre, qui se tordait de rire.

—Il y a un peu de cela, avoua l’interrogé.

—Bon! fit Borax, l’enfant vous aime. Quant à vous, du moment que vous faites envoler des radis en soupirant le suis renseigné. Seulement, il faut maîtriser votre vent pour le quart d’heure, car je ne vois plus sur la table que du sel et du poivre à faire envoler... et ça gêne quand on les reçoit dans les yeux.

—Tiens! c’est vrai! sel et poivre ne nous suffisent pas et les côtelettes se font bien attendre, s’écria Ernest, qui comprit cet appel de leur convive.

—Oh! si je vous dis cela, c’est parce qu’il s’agit de marier votre ami, et que les côtelettes aux cornichons me donnent généralement des idées.

—Alors, voici les idées aux cornichons qui arrivent, ajouta l’artiste en désignant un garçon qui s’avançait avec un énorme plat qu’il posa sur la table.

—Attention! Bourreau! commanda Borax tout joyeux et ouvrant les narines.

Il paraît que Bourreau ne se contentait pas de peu, car en un clin d’œil, son maître lui expédia cinq côtelettes, qui disparurent par bouchées colossales. Un soupirail de cave dans lequel on enfile d’énormes bûches de Noël représenterait assez la bouche du pauvre hère pendant cet exercice.

—Diable! on voit que vous aimez les côtelettes! s’écria le peintre.

Borax fit une petite moue dédaigneuse.