—Non, il a femme et enfants.
Ce renseignement, paraît-il, appelait une seconde question dont la réponse pouvait renverser de fond en comble le plan secret du tailleur. Après avoir rassemblé tout son courage et cherché à humecter d’un peu de salive sa langue desséchée par la peur, il demanda encore:
—Et votre cousin, M. Dumouchet, comme vous le nommez, est-ce que, par hasard, il est aussi...
La chose à savoir était grandement intéressante pour Bokel puisqu’il s’y reprenait à deux fois.
—Aussi quoi? répéta Polac.
—Aussi élancé... aussi aérien que vous? prononça enfin Bokel tout d’une haleine.
—Allons, dit le jeune homme en riant, lâchez donc le vrai mot... Est-il aussi maigre que moi, n’est-ce pas?
—Oui, balbutia le tailleur, dont l’anxiété se trahissait par d’énormes gouttes de sueur.
—Eh! eh! fit le jeune homme en secouant la tête d’un air de doute, je ne dirais pas trop non.
A ces mots, la figure de Bokel passa du rouge vif au blanc jaune.