—Pourquoi pas deux dindons?
—Deux dindons? Pour six... dont quatre bambins! Ce serait trop, vraiment trop!
—Le comité ne marchande pas ses bienfaits, dit gravement Bokel.
—Va pour deux dindons alors!
—Bien. A présent, parlons du second déjeuner.
—Hein! fit le rôtisseur en ouvrant des yeux énormes à la pensée que les deux dindons avaient seulement mission de remplacer le café au lait du matin.
Le tailleur avait continué:
—Pour le second déjeuner, nous disons donc un gigot... mettons même deux gigots, puis quelques pigeons et une salade de pommes de terre. Rien ne vaut les farineux pour rétablir la santé. Vous abuserez donc des légumes farineux... Occupons-nous maintenant du dîner. C’est d’ordinaire le repas sérieux de la journée. Il nous le faudra solide, substantiel... Nous aurons alors l’oie, le canard, le lapin, un morceau de viande de boucherie et encore des légumes farineux... toujours des farineux.
—Mais, à manger de la sorte, ils n’auront même plus le temps de se moucher!... Monsieur Dumouchet, qui est un pieu, tournera au ballon dans quinze jours... Ils vont avoir de la viande à coucher dessus!
Bokel, à cette objection, redressa la tête, et d’une voix sévère: