—Que voulez-vous dire avec vos deux coups?
—Pendant que vous vous reposerez à l’aise, moi, j’avalerai une tasse de chocolat... Rien ne m’ouvre l’appétit comme une tasse de chocolat.
—Y pensez-vous? Dans une heure à peine, nous serons à table, objecta le gros homme.
—Mettons que je n’aie rien dit, accorda stoïquement le jeune homme en imposant silence à la révolte de son estomac.
—Je ne refuse pourtant pas de faire d’une pierre deux coups, reprit Bokel, dont l’œil, pendant ce dialogue, avait inspecté le Pont-Neuf, qui, à cette époque, était encore une sorte de champ de foire où abondaient les charlatans, bateleurs, marchands d’orviétan, chanteurs, frituriers et autres industriels forains.
—Ah! vous approuvez alors la tasse de chocolat? demanda Timoléon, se raccrochant à l’espérance.
—Non, pas précisément.
—Alors comment prétendez-vous faire d’une pierre deux coups?
—Mais d’abord en m’asseyant dans un excellent fauteuil, où je me reposerai.
—Bon, voilà le premier coup de la pierre... quel est le second?