Une réflexion lui étant subitement montée à l’esprit, mademoiselle Bokel était devenue pensive.

—Qu’as-tu donc, Bichette? demanda le père.

—Je réfléchis, papa.

—A quoi?

—A ce que tu me dis maintenant de ce jeune homme après ce que tu m’en as conté ce matin.

—Que t’ai-je donc conté?

—Qu’il avait cinq millions en mariage.

—T’ai-je dit «qu’il avait»... alors il y a eu erreur de ma part, j’aurais dû dire «qu’il aura». Oui, il aura cinq millions, je te l’affirme... Et le plus étonnant de la chose, c’est qu’il ne se doute pas de la fortune qui va lui tomber sur la tête.

—Et tu ne l’en préviens pas!

—Je m’en garderais bien! Il commettrait quelque imprudence qui lui ferait tout perdre... Aussi je ne saurais trop te recommander de ne pas lui souffler mot de ce brillant avenir que tu partageras... Fie-t-en à ton père, qui, par ses efforts, saura faire arriver ces millions à ton mari.