—Accepté! beau-père.
Mais, en même temps, un souvenir lui vint. Tout lui parut expliqué, sauf un point.
—Voyons, beau-père, reprit-il, dites-moi donc pourquoi vous avez choisi, pour m’offrir votre fille, l’instant où j’étais sur la balance qui venait d’accuser mon poids de 71 livres!
Bokel était un gaillard qui ne se laissait jamais surprendre sans vert, car, tout aussitôt et sans la moindre hésitation, il répondit:
—Par gourmandise.
Et, comme Polac le regardait avec des yeux étonnés qui réclamaient des détails, il poursuivit:
—Imaginez-vous que Paméla, qui trouve que j’engraisse trop, s’est mis en tête d’enrayer mon obésité en me privant de pâtisseries, plats farineux, sucreries et autres mets féculents dont je raffole. En lui donnant un mari aussi maigre que vous, elle mettra à honneur de le remplumer et, alors, reparaîtront sur la table un tas de gobichonnades dont il faudra bien que j’aie ma part.
Cette explication était donnée avec un gros rire tout sensuel. Les yeux du poussah reluisaient de gourmandise, et le bout de sa langue se promenait sur ses lèvres comme s’il se léchait les babines après un plat sucré.
—Ah! je n’entends plus le piano, fit alors remarquer Timoléon.
—C’est que ma fille est allée se coucher. Nous ferons bien de l’imiter, car il se fait tard... Je vais vous conduire à votre chambre, répondit le tailleur.