Sur la route qui menait à la chambre de son futur gendre, Bokel, en homme prévenant qui tient à ce que ses hôtes n’aient rien à désirer, montra à Timoléon, au bout du couloir, une certaine petite porte en prononçant ces deux mots:

—C’est là.

Après avoir quitté le jeune homme, quand Bokel redescendit chez lui, il souriait en murmurant:

—Je l’ai roulé avec mes explications de papa qui ne veut pas se séparer de sa fille... il va épouser de confiance... et, seulement, le lendemain du mariage, lorsqu’il sera trop tard pour nous brûler la politesse, il apprendra la vraie vérité.

De son côté, Timoléon se disait entre deux draps:

—Pourquoi, diable! m’étais-je figuré que Bokel était fou? Tout ce qu’il m’a dit là est bien clair, bien net... C’est un papa fort égoïste, mais très-sensé.

Puis il s’endormit.

Mais deux heures après, il s’éveilla en proie à un violent trouble intestinal.

—Qu’est-ce cela? se dit-il. Ah! j’y suis! c’est parce que j’ai mangé à ma faim... manque d’habitude!

Et plusieurs fois, pendant la nuit, il utilisa le petit renseignement que lui avait donné le prudent Bokel.