—Mazette! fit M. de la Morpisel en souriant à Bokel, mes compliments, mon cher!
—N’est-ce pas que nous avons des chances?... reprit le tailleur en pesant sur les mots.
—Oh! mieux que des chances... Vous pouvez dire que vous avez la certitude du succès.
Puis, comme il fallait expliquer aux jeunes gens cette sorte de messe basse, tenue derrière un rideau, qui avait interrompu une explication palpitante d’intérêt pour les cousins M. de la Morpisel reprit en élevant progressivement la voix:
—Mais non, mais non, vous pouvez rester, mon cher Bokel. Ce qui intéresse votre gendre ne doit pas être un mystère pour vous.
Et s’adressant à Timoléon:
—N’est-ce pas, monsieur Polac, que vous ne voyez aucun inconvénient à ce que je retienne votre beau-père, qui veut se retirer avant que je vous en dise plus long, par peur d’être indiscret?
—Restez donc, beau-père, je vous en supplie, se hâta de dire Polac.
Pensant que ce serait trahir le secret promis à Bokel que de se mettre, sous les yeux des jeunes gens, à tirer la lettre de l’habit rapporté par le tailleur, le notaire se reprit à remuer les papiers de son bureau à la recherche de la missive disparue, recherche qu’il interrompit pour dire:
—Après tout, cette lettre n’est pas un acte officiel. C’était une correspondance toute privée, d’un ami à un ami... Je finirai pourtant par la retrouver un jour ou l’autre... J’ai eu grand tort même de la chercher ainsi, car je puis m’en passer, attendu que je la sais par cœur... Votre oncle m’y racontait toutes ses aventures et par quelle suite de circonstances il avait été amené à ne choisir qu’un seul de ses deux neveux pour héritier... Vous plaît-il que je vous en fasse part?