Quand, le matin du 1er juillet, Dumouchet vint faire à son cousin et au tailleur sa visite habituelle, Bokel lui dit en souriant:

—Avant huit jours, vous serez dans la balance.

—Euh! euh! fit Dumouchet.

—Car, dans huit jours, nous serons à Saint-Louis.

—Euh! euh! répéta le cousin entre deux bouchées, oui, si nous arrivons... ce qui n’est pas l’avis du Père la Méduse.

—Ah! que dit donc votre ami le cambusier?

—Que le capitaine est un âne, pas plus malin que son soulier, qui finira par nous flanquer dans le pétrin... il paraît qu’il a déjà commis trois ou quatre boulettes carabinées qui ont failli perdre la Méduse... Faut voir la mine des autres officiers, forcés d’obéir. On lit dessus que le navire est flambé... Je vous plains, père Bokel.

—Ah çà! il me semble que, s’il m’arrive malheur, vous en aurez votre part, avança le tailleur, étonné de la tranquillité de Dumouchet.

—Oh! moi, je n’ai nulle crainte... Ce que les cartes ont prédit doit se réaliser. Je suis certain d’avoir l’héritage.

La conversation fut interrompue par un grand bruit qui eut lieu sur le pont.