—Hélas! non! Ernestine dit que notre place ne rapporte pas assez, et que nous sommes déjà beaucoup trop à l’étroit. Ah! si nous avions cette loge du palais de Calcutta, chez votre ami le roi de l’Inde, dont vous parliez tout à l’heure, peut être que mon Ernestine sourirait à un nouvel effort.

—Je penserai à vous, père intrépide. Messieurs, songez donc à me rafraîchir la mémoire au sujet de Calurin quand j’écrirai à mon ami le roi? prononça Borax avec un aplomb superbe.

—En vous contant mes malheurs, j’ai oublié de vous demander quelle est la commission pour laquelle vous m’avez fait monter, s’informa le portier, redevenu gai après cette promesse d’une loge à Calcutta.

—Ah! oui, reprit le peintre, c’était pour te dire que, si un monsieur avec un nez d’argent venait me demander, tu lui répondes toujours que je suis retourné en nourrice. N’y manque pas, Calurin, si étrange que te paraisse cette consigne, tout mon avenir en dépend.

—Soyez tranquille, monsieur Ernest, promit le concierge, qui s’en alla sans se douter qu’on ne l’avait appelé que pour le montrer à l’intime camarade du roi de l’Inde.

—Encore un qui sera dans notre sac. Nous le tiendrons par la cuisinière Madelon, qui lui fourre les côtelettes de Ribolard.

—Alors, il faudrait d’abord tenir Madelon, avança Paul.

Borax eut un sourire vainqueur en répliquant:

—Je m’en charge. Je ne sais pas à quoi ça tient, mais les cuisinières me profitent assez... sans compter ma poudre, qui nettoie les casseroles à la perfection. Nous aurons donc le concierge; il faut à présent nous occuper de sa femme, la féconde Ernestine.

—Oh! c’est facile, dit le peintre en riant. Si nous tenons le mari par la cuisinière, nous aurons la femme par le cocher Benoît.