—Ah! vraiment?
—Oui, les mauvaises langues prétendent qu’elle a un faible pour lui.
La délibération fut interrompue subitement par cette exclamation de Paul, le joueur de grosse caisse:
—Ah! voici l’heure de me rendre à l’Ambigu!
IV
Il est sept heures. On a déjà joué la petite pièce et la foule, arrivée pour le drame à succès, emplit la salle de l’Ambigu.
Sur le premier rang des fauteuils de balcon, la famille Ribolard s’étale dans tout son plein. Virginie est prise entre mademoiselle de Veausalé et sa mère; Ribolard est assis entre sa femme et un vieux monsieur, à tournure militaire, qui commence à s’effaroucher des étranges allures de son voisin.
La jeune et jolie blonde a déjà aperçu Paul, placé devant son instrument, dans un coin de l’orchestre. Elle lui lance de bien doux regards quand elle ne se sent pas surveillée par Paméla, qui se tient raide et immobile comme une girafe qui réfléchit.
Son maintien fait l’admiration de Ribolard, et il murmure à sa femme:
—Ne t’appuie pas à ton dossier, Cunégonde; imite la prestance de mademoiselle de Veausalé. Copie donc ses manières du grand monde.