Cette lettre a trait à des difficultés qui s'étaient élevées entre Charles, Eugène et M. de Verninac au sujet de leurs droits respectifs dans la succession de leur mère.

[16] Piron était un des ami les plus intimes de Delacroix. Il fut administrateur des Postes, et à raison de son entente des affaires, Delacroix devait l'instituer son légataire universel et le charger de l'exécution de ses dernières volontés. Ce fut par ses soins que se trouvèrent réunies en un volume tiré à un petit nombre d'exemplaires et publié chez J. Claye, sous le titre: EUGÈNE DELACROIX, sa vie et ses œuvres, les œuvres critiques de Delacroix, parues à la Revue des Deux Mondes, à l'Artiste et à la Revue de Paris.

[17] Il nous paraît utile de rappeler, au début de ce Journal, les liens d'étroite affection qui unissaient Eugène Delacroix à Pierret. La lecture du premier volume de la correspondance a pu édifier sur ce point les fervents du maître; c'est ainsi que la plupart des lettres de l'année 1832, pendant laquelle Delacroix fit son voyage au Maroc, sont adressées à l'ami qui avait été son camarade d'enfance; tout ce qui présente un caractère de confidence et d'intimité, le récit de ses premières amours, de ses tentatives d'artiste, de ses déboires et des luttes qu'il soutient, il l'adresse à Pierret.

Pierret était le secrétaire de Baour-Lormian, et Delacroix, dans maints passages de sa correspondance, parle avec émotion de cette intimité: «Oui, j'en suis sûr, lui écrit-il, en 1818, la grande amitié est comme le grand génie, le souvenir d'une grande et forte amitié est comme celui des grands ouvrages des génies... Quelle vie ce doit être que celle de deux poètes qui s'aimeraient comme nous nous aimons!»

Pierret mourut en 1854.

[18] Il s'agit ici du général Delacroix, qui avait vingt ans de plus que le peintre. Ce passage serait incompréhensible, si l'on n'y ajoutait, en manière d'éclaircissement, que l'artiste fait allusion a une liaison douteuse, qu'il jugeait regrettable et peu digne de son frère.

[19] Probablement Édouard Guillemardet, frère de Félix Guillemardet.

[20] Champion, camarade d'atelier de Delacroix, resté inconnu. Il ne devait pourtant pas être sans valeur comme peintre, car nous trouvons dans les notes de Léon Riesener sur son cousin ce passage: «Delacroix m'a parlé de l'influence qu'un certain Champion avait eue sur le talent de Géricault lui-même et sur tous les élèves de l'atelier Guérin.»

[21] Soulier fut, avec Pierret et Félix Guillemardet, l'ami le plus intime de Delacroix. Il le connaissait depuis 1816 et correspondait assidûment avec lui. Ils avaient fait de la peinture ensemble, on plutôt de timides essais. M. Burty reproduit dans une note placée au bas de la première lettre de Delacroix à Soulier, cette indication biographique donnée par Soulier lui-même: «Mes soirées étaient consacrées à réunir quelques jeunes gens dans mon humble chambrette, la plus haute de la place Vendôme, à l'hôtel du Domaine extraordinaire, où j'étais surnuméraire et secrétaire de l'intendant, le marquis de la Maison fort. Horace Raisson était dans mon bureau au secrétariat, et ce fut lui qui m'amena Eugène Delacroix.» Il resta en relations suivies avec Delacroix jusqu'à la mort du peintre: une lettre de 1862, adressée par Delacroix à Soulier, montre ce qu'étaient leurs relations: «Je pense, lui écrit Delacroix déjà gravement malade, aux moments heureux où nous nous sommes connus et à ceux où nous avons joui si pleinement de la société l'un de l'autre.»

[22] Fedel, architecte de grand mérite. «C'était un homme très actif, très passionné en faveur de toute la jeunesse romantique et qui se faisait le lien vivant, le trait d'union empressé, chaleureux, dévoué, des artistes entre eux et des artistes avec les amateurs.» (Ernest CHESNEAU, Peintres et sculpteurs romantiques, p. 82.)