[205] William Wyld (1806-1889), peintre anglais, élève de Louis Francia, fut, avec Bonington, un des propagateurs de l'aquarelle en France. En 1883, il accompagna Horace Vernet de Rome à Alger.
[206] Le baron Michel (1786-1856), médecin militaire, qui prit part à toutes les campagnes de l'Empire et devint médecin en chef de l'hôpital du Gros-Caillou et des Invalides.
[207] À cette époque déjà Paul de Saint-Victor écrivait dans la Presse cette série de feuilletons dramatiques qu'il devait continuer plus tard au Moniteur universel, et dans lesquels, sous prétexte de faire le compte rendu des pièces nouvelles, il exécutait d'admirables variations littéraires sur les grandes œuvres classiques. On se rappelle la série de ses études sur le drame grec, qui furent réunies plus tard sous le titre des Deux Masques. À propos de cet article sur le Cid qu'on trouvera dans la Presse du 25 mai 1856, et dont M. Burty a cité un fragment dans la Correspondance de Delacroix, voici ce que Delacroix écrivait à Paul de Saint-Victor: «Je trouve ce matin dans la Presse votre article sur le Cid, et je ne puis m'empêcher de vous en faire compliment du fond de ma retraite momentanée. Quel dommage que vous dépensiez votre verve et votre esprit dans des feuilles qui se dispersent si vite! c'est au point que revenant demain ou après-demain à Paris, je ne sais si je pourrai trouver à acheter le numéro paru depuis deux jours.» Puis ensuite, discutant avec le critique une des idées qu'il a émises, il termine en disant: «Ma lettre n'est à autre fin que de vous parler de mon émotion. C'est une pente que je suis quelquefois et à coup sûr. J'écris cette lettre avec plus de plaisir que presque toutes les autres.» (Corresp., tome II, p. 144, 145.) Il ne faut pas oublier d'ailleurs que Paul de Saint-Victor avait été l'un de ses enthousiastes partisans, et qu'il avait écrit, notamment après la décoration du Palais-Bourbon, une série d'articles qui comptent parmi les plus remarquables commentaires de l'œuvre du maître peintre.
[208] Voir Catalogue Robaut, n° 1383.
[209] Voir Catalogue Robaut, n° 1409.
[210] Voir Catalogue Robaut, n° 1317.
[211] Voici quel est le passage de Baudelaire qui vient justement à l'appui de la précédente note: «Au sein de cette littérature où l'air est raréfié, l'esprit peut éprouver cette vaste angoisse, cette peur prompte aux larmes, et ce malaise au cœur, qui habitent les lieux immenses et singuliers. Mais l'admiration est la plus forte, et d'ailleurs l'art est si grand! Les fonds et les accessoires y sont appropriés aux sentiments des personnages. Solitude de la nature et agitation des villes, tout y est décrit nerveusement et fantastiquement. Comme notre Eugène Delacroix, qui a élevé son art à la hauteur de la grande poésie, Edg. Poë aime à agiter ses figures sur des fonds violâtres et verdâtres, où se révèlent la phosphorescence de la pourriture et la senteur de l'orage.» (Préface des Histoires extraordinaires.)
C'était là une idée chère à Baudelaire, dont le goût inné pour le mystérieux et le bizarre s'était accru encore à la suite de sa longue fréquentation avec l'œuvre du poète américain. Il suffit de lire les savoureuses et pénétrantes études qui précèdent les premières et les nouvelles Histoires extraordinaires, pour se rendre compte de l'intoxication puissante qu'il avait subie. Dans sa préface des Fleurs du mal, Th. Gautier commente très finement cet état d'esprit.
6 juin.—J'ai été hier, en sortant de l'Hôtel de ville, voir la fameuse Exposition agricole. Toutes les têtes sont tournées; on est dans l'admiration de toutes ces belles imaginations: machines à exploiter la terre, bêtes de tous les pays amenées à un concours fraternel de tous les peuples; pas un petit bourgeois qui, sortant de là, ne se sache un gré infini d'être né dans un siècle si précieux.