15 février.—Dîné chez Lefuel avec Arago, Français, etc.
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19 février.—Berryer m'écrit ce soir pour me demander si j'ai un moyen de trouver une place pour jeudi prochain, jour de son élection. Je lui réponds:
«Mon cher cousin, je m'empresse de vous dire que je n'espère qu'en vous pour trouver place à une séance aussi intéressante pour moi. Je n'ai quasiment bue des ennemis dans le palais Mazarin. Ils me veulent à la porte de toutes les façons; recevez-moi au moins pour ce jour, qui m'est cher à plus d'un titre. Votre mille fois affectionné et dévoué.»
En réponse à cette lettre, Berryer n'a pu m'envoyer qu'un billet dans les amphithéâtres haut perchés de l'Institut. En arrivant à midi et demi par la neige et le froid, j'ai trouvé que la queue remplissait jusqu'à la porte de la rue, c'est-à-dire tous les escaliers et passages qui conduisent audit amphithéâtre, lequel était plein, de sorte que ces bonnes gens, parmi lesquelles il y en avait qui prétendaient que ce côté était excellent, attendaient, ou l'évanouissement de quelque dame, ou je ne sais quel prodige pour se glisser dans l'intérieur; et ils étaient là deux cents!
Je boude un peu Berryer. En pareille situation, j'aurais voulu placer mon cousin. Tous ses amis de Frohsdorf et autres étaient, j'en suis sûr, bien installés, et avaient apporté leurs grandes oreilles pour l'écouter... Je me trompe: ils étaient là pour dire qu'ils y avaient été.
[13] Eugène de Forget.
[14] Alphonse Cerfbeer (1797-1859), auteur dramatique.
[15] Le comte de Pontécoulant (1794-1882), officier et littérateur. Il se battit sous les ordres de Napoléon pendant les Cent-jours et fut blessé en 1830 dans la campagne de Belgique à la tête d'un corps de volontaires parisiens qu'il avait organisé. De retour en France, M. de Pontécoulant s'est occupé de littérature et surtout de musique.