5 mars.—Au conseil par un froid glacial. J'y apprends que le bon Thierry est très malade. Je vais à la rue du Petit-Musc, je le trouve très changé.
Je lis en rentrant les lettres de Mlle Rachel[426].
Je trouve dans les Salons de Paris de Mme Ancelot, à propos de la duchesse d'Abrantès[427]: «Ce fut avec tristesse que je la quittai; j'emportais une vague inquiétude, car j'avais déjà remarqué que la maladie était toujours et que la mort est souvent la suite du chagrin. Une certaine modération de caractère et de position défend la vie contre ce qui l'empêche d'arriver à la vieillesse, et ceux qui parviennent à ses dernières limites ont fait certainement preuve d'une sagesse recommandable. Ils ont fait plus: ils ont fait mieux que bien d'autres, et, si cela ne parie pas toujours en faveur de leur cœur, c'est un assez bon argument en faveur de leur raison. La duchesse d'Abrantès n'eut point cette habileté honorable: le désordre amena le chagrin, qui entraîna la maladie à sa suite.»
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10 mars.—La Vue de Dieppe avec l'Homme qui sort de la mer avec les deux chevaux[428].
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14 mars.—Les artistes qui cherchent la perfection en tout sont ceux qui ne peuvent l'atteindre en aucune partie.
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15 mars.—Je suis souffrant depuis quelques jours de l'estomac; je l'ai fatigué un peu peut-être, et de plus je travaille beaucoup depuis un mois et demi.