[1855]

Paris, 8 janvier.—Dîné chez Mme de Blocqueville[1] avec Cousin[2]. Singulière maison.

Cousin, en sortant, m'assure que, toutes informations prises, elle est fort honnête, sauf les petits loisirs que lui laisse l'absence de son mari, avec qui elle vit mal, mais qui ne fait que des apparitions.

Je m'accroche à lui pour retourner chez Thiers[3]; il n'y était pas, ni sa femme. Mme Dosne m'invite pour le vendredi de la semaine suivante.

*

9 janvier.—Dîné enfin chez la princesse[4], après avoir refusé deux fois, je crois, à cause de mon malaise, suite de la grippe.—Se rappeler une sonate de Mozart qu'elle joue seule.

Berryer y est venu, ainsi que les dames de Vaufreland. Il m'a mené chez Mme de Lagrange, à qui je devais une visite depuis le dîner que j'y avais fait il y a longtemps déjà, le jour où j'avais causé longuement avec la princesse.

—Magnifique sujet: Noé sacrifiant avec sa famille après le déluge: les animaux se répandent sur la terre, les oiseaux dans les airs; les monstres condamnés par la sagesse divine gisent à moitié enfouis dans la vase; les branches dégouttantes se redressent vers le ciel[5].