Nous déchiffrons la Gazza[80]. J'étais encore tout plein de Don Juan de l'autre jour et je ne me trouvais plus d'admiration possible pour le chef-d'œuvre de Rossini. J'ai vu une fois de plus qu'il ne faut rien distraire des belles choses, et encore moins les comparer entre elles. Les parties négligées dans Rossini ne font nullement tort à l'impression dans la mémoire: ce père, cette fille, ce tribunal, tout cela est vivant. Les croque-notes de la princesse, qui ne jurent que par Mozart, ne comprennent pas plus Mozart que Rossini; cette partie vitale, cette force secrète, qui est tout Shakespeare, n'existe pas pour eux; il leur faut absolument l'alexandrin et le contre-point: ils n'admirent, dans Mozart, que la régularité.
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17 juillet.—Bonnes et douces promenades, seul ou avec ces petites femmes. Dans une grande promenade autour du parc, je me mets une épine de genévrier dans le doigt en arrangeant une branche pour Mme D...
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Champrosay, 18 juillet.—Parti à six heures pour Corbeil. Berryer, en robe de chambre, est venu m'embarquer. Je pars, le cœur plein de lui et de mon agréable séjour.
Tête à tête avec mon automédon, respirant l'air frais, emporté par l'allée des peupliers et au milieu des eaux remplies de nénufars, je me retournai plusieurs fois pour le voir de loin, ainsi que ce qu'on pouvait apercevoir de la maison. J'attends la voiture quelque temps à Malesherbes; j'essaye, sur la place publique, de m'ôter, avec mon canif, la petite épine de genévrier.
Parti dans une affreuse voiture et en mauvaise compagnie. Au reste, je dors ou sommeille presque tout le temps jusqu'à Corbeil; j'arrive à Ris vers midi, et je rentre à Champrosay.
Le soir, je vais chez Barbier.
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