[87] Jacques-Ignace Hittorf (1792-1867), né à Cologne, architecte, élève de Percier. On lui doit, indépendamment de nombreux monuments, qui témoignent de son réel mérite et de son érudition, les embellissements des Champs-Élysées, de la place de la Concorde, de l'avenue de l'Étoile. Ce fut lui qui traça, en qualité d'architecte de la ville de Paris et du Gouvernement, les plans des immenses travaux du bois de Boulogne et des deux lacs. Il faisait partie depuis 1853 de l'Académie des Beaux-Arts.
2 août.—Dîné chez Poinsot avec Chabrier, sa femme, l'amiral Deloffre[88], d'Audiffret, etc.
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3 août.—Au conseil, qui se tient dans l'anti-chambre, sur le quai: aux tentures orange, avec les peintures de Court.
Je vais ensuite à l'Industrie; je remarque cette fontaine jaillissante de fleurs gigantesques imitées.
La vue de toutes ces machines m'attriste profondément. Je n'aime pas cette matière qui a l'air de faire, toute seule et abandonnée à elle-même, des choses dignes d'admiration.
En sortant, je vais voir l'exposition de Courbet, qu'il a réduite à dix sous. J'y reste seul pendant près d'une heure et j'y découvre un chef-d'œuvre[89] dans son tableau refusé; je ne pouvais m'arracher de cette vue. Il y a des progrès énormes, et cependant cela m'a fait admirer son Enterrement. Dans celui-ci, les personnages sont les uns sur les autres, la composition n'est pas bien entendue; il y a de l'air et des parties d'une exécution considérable: les hanches, la cuisse du modèle nu et sa gorge; la femme du devant qui a un châle; la seule faute est que le tableau qu'il peint fait amphibologie: il a l'air d'un vrai ciel au milieu du tableau. On a refusé là un des ouvrages les plus singuliers de ce temps; mais ce n'est pas un gaillard à se décourager pour si peu.
J'ai dîné à l'Industrie entre Mercey et Mérimée; le premier pense comme moi de Courbet; le second n'aime pas Michel-Ange!