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10 septembre.—Parti à huit heures par le train express pour aller à Crose[101]. Voyage très rapide jusqu'à Argenton par l'express, mais toutes sortes de malheurs à partir de là. Arrivé à Argenton attendant mes paquets une heure dans la boue et sous la pluie, avant de m'installer dans cette affreuse petite voiture où j'ai fait un voyage si insupportable, entre l'enfant qui pissait et les trois femmes qui vomissaient.
Je reste à Limoges, tenté un instant de revenir et de m'excuser comme je pouvais.
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11 septembre.—Arrivé à Limoges vers onze heures, je m'installe pour la journée à l'hôtel du Grand Périgord; je fais un déjeuner dont j'avais besoin après l'insupportable voyage. Je vois la ville, le musée, l'église Saint-Pierre, la cathédrale, Saint-Michel.
La cathédrale est inachevée, la nef manque. En général, les églises de tout ce pays sont d'une obscurité lugubre. Je me suis endormi dans la cathédrale.
À Saint-Michel, près du musée, où je suis revenu en dernier lieu, j'en ai fait autant. Ces petits repos m'ont remis tout à fait.
Je me suis fait raser par un frater et suis venu dîner vers quatre heures et demie. Excellentissimes champignons, inconnus à Paris.
Je pars à six heures pour Brive. Dans le coupé, tête à tête avec un brigadier de gendarmerie, très convenable: tête superbe. Il me quitte vers neuf heures. Je passe une bonne nuit, tantôt dormant, tantôt voyant passer à la lueur des quinquets de la voiture le bizarre pays que je traverse... Uzerche, etc., que je regrette de ne pas voir de jour.