Rentré de bonne heure, sans faire de promenade.
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18 novembre.—J'écris à Berryer: «À présent que je suis sorti des cérémonies, je viens vous redire tout le bonheur que j'ai eu à me voir ces quelques jours près de vous. Je pense à cette bonté et à cet admirable esprit présent à tout et dont le charme réuni n'est qu'en vous.»
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20 novembre.—Je vais à Trovatore avec un billet d'Alberthe; j'y souffre, je m'y ennuie, je m'enrhume de nouveau. Rien n'égale la stérilité de cette musique qui est toute en tapage et où pas un seul chant ne se fait jour.
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24 novembre.—Je néglige bien mes pauvres souvenirs: je suis trop distrait à Paris pour écrire, même à bâtons rompus. Depuis quatre ou cinq jours, je m'enferme pour en finir, s'il est possible, avec ce rhume; ce me sera aussi un bon prétextée moi-même et aux autres de ne pas bouger.
Mme Pierret est venue dans la journée me demander de prendre des billets pour une loterie que fait ce malheureux Fielding.
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25 novembre.—Rien ne peut surmonter les préjugés régnants: quand on envoyait les élèves à Rome, du temps de Lebrun et jusqu'à David, on ne leur recommandait que l'étude du Guide; à présent, le Beau consiste à reproduire le faire des vieilles fresques, mais ce n'est que la partie académique qu'ils vont étudier. Ces deux méthodes qui semblent si opposées se rencontrent dans ce point qui sera toujours le mot d'ordre de toutes les écoles: imiter le technique de cette école-ci ou de celle-là. Tirer de son imagination des moyens de rendre la nature et ses effets, et les rendre suivant son tempérament propre: chimères, étude vaine que ne donnent ni le prix de Rome, ni l'Institut; copier l'exécution du Guide ou celle de Raphaël, suivant la mode.