—Oui, dit Martine, Agathon Piedfin, que voilà, porta la tonsure et prépara la cuisine chez les Prémontrés. Aujourd'hui il est le galant marmiton. Il m'a cueilli ce bouquet.

Devant l'assiette de Martine plongeaient dans un verre des pensées, des jonquilles, des marguerites tressées en une sorte de palme telle qu'on en voit sur les reposoirs.

—C'est d'un très joli arrangement, dit Buguet.

—Oh! fit Agathon avec la moue d'un confesseur indulgent.

—Et vous m'avez l'air d'un rival fort dangereux, continua le jardinier.

—Je n'ai qu'un amour, déclara onctueusement Agathon Piedfin, c'est celui de la très Sainte Vierge Marie.

—En ce cas, lui jeta le chef, pourquoi as-tu remis l'autre jour à Martine un bouquet avec le billet où tu avais griffonné des vers? Et des vers composés par le roi lui-même pour Mme d'Étioles et que tu copias en tripotant des papiers qui ne te regardaient point! Car ce n'est pas dans le catéchisme du diocèse que tu les as trouvés!

Agathon baissa vers son assiette son nez pointu.

—Quel est ce poème? demanda Jasmin.

Martine imitant l'accent de Mme d'Étioles récita: