—C'était pour me montrer que la poudre te va comme l'aubépine au buisson que tu m'as fait venir? demanda-t-il.

—Pour cela et pour autre chose. La marquise de Pompadour a besoin de tes services.

—De mes services!

—Certes!

Ils montèrent l'escalier, firent quelques petits circuits dans les corridors et arrivèrent à une vaste salle dont l'aspect éblouit Jasmin. Elle était ornée de médaillons où paradaient des femmes nues et des guerriers coiffés de casques héroïques. Ces fresques étaient supportées par de sveltes cariatides, nymphes aux ventres triomphants et doux, aux jambes longues et hardies, au sourire plein d'une jeunesse ardente: blanches elles levaient les peintures comme des corbeilles brillantes. Sur le sol étaient disposés des paravents. Une baignoire de porphyre occupait un coin. Martine y versa des bouilloires d'eau fumante qu'un valet venait d'apporter.

—Nous sommes ici provisoirement, dit la soubrette. Madame la Marquise fera bâtir un ermitage pour elle en dehors du château.

Jasmin n'écoutait pas:

—Les femmes ne sont point faites de cette manière, dit-il en regardant les nymphes aux jambes fuselées.

—Tu n'as guère d'occasion d'en voir d'aussi peu vêtues, répliqua Martine, c'est ce qui te fait douter de la perfection. Moi j'en connais au moins deux aussi belles.

—Vraiment!