«Les faîtages des combles et des lucarnes seront de même établis en plomb et agrafés ainsi que vous l’indique le tracé P. On cloue d’abord deux languettes de plomb b, couvrant l’ardoise d, puis on roule les parties laissées libres de ces languettes avec des feuilles de plomb g, qui elles-mêmes viennent s’agrafer en h avec la lame i qui couvre le faîtage. Celle-ci est, de plus, maintenue par des vis dont la tête est masquée par un morceau de plomb; ainsi elle ne peut être dérangée par le vent.

«Je ne fais que vous indiquer ici les points principaux de l’industrie du couvreur-plombier, laquelle est fort délicate et exige des soins infinis. Vous étudierez cela par le menu pendant l’exécution, quand nous aurons de bons ouvriers à l’œuvre. Parmi ceux de Paris, il en est d’une habileté remarquable. Ce sont eux qui établiront aussi dans la maison les distributions d’eau, les water-closets, bains, etc. Mais je dois vous faire une recommandation importante: Les plombs posés sur du bois de chêne non flotté s’oxydent avec une rapidité prodigieuse. L’acide acétique que contient ce bois fait passer, en quelques mois, les lames de plomb superposées à l’état de blanc de céruse, surtout si ce bois n’est pas suffisamment ventilé sur la face opposée. Je vous désignerai donc les bois qu’il faudra seuls laisser employer pour les chéneaux et les chanlattes des faîtages. Nous prendrons des vieux bois provenant des démolitions de l’ancien moulin, et qui, débités, seront dans les conditions convenables, car ces bois ont depuis longtemps jeté leur sève.

«Votre emploi d’inspecteur consistera surtout, lorsque les ouvriers plombiers commenceront leur travail, à peser scrupuleusement les métaux apportés et à faire emmagasiner devant vous les rognures. Ces hommes, habitués à se préoccuper de la main d’œuvre, travaillent un peu en artistes, ils négligent volontiers les intérêts matériels; ils laissent traîner le plomb, l’étain dans tous les coins du chantier. Vous sentez qu’il ne faut pas exposer nos garçons de campagne à de fâcheuses tentatives.

«Il faudra donc que vous pesiez toutes les matières à leur entrée, puis les rognures. Celles-ci devront être emmagasinées devant vous en lieu bien fermé. La différence entre le poids entré et celui des restes compose la fourniture due, puisque la plomberie se paye au poids.

«Le marché du menuisier, que vous m’avez rapporté, indique l’envoi des parquets, portes et fenêtres pour la fin d’août, je crois?

—Oui, et l’entrepreneur m’a dit que, pour les parquets, ayant beaucoup de bois approvisionné, il pourrait commencer à poser dès le 1er août.

—Ce serait trop tôt, il faut laisser un peu sécher toute la bâtisse. Cet entrepreneur est assez actif; s’il commence au 1er septembre, il aura fini au 1er octobre; nous ferons alors venir les peintres, et au 1er décembre notre maison peut être considérée comme terminée.

«Il faudra penser aussi au marbrier, pour lui commander les chambranles des cheminées. Ce n’est pas trop tôt. Avez-vous donné au menuisier les dimensions des foyers de ces cheminées?

—Oui, elles étaient marquées sur les plans.

—Eh bien, faites un double de ces plans et nous l’enverrons au marbrier. Il faudra encore, pour cette fourniture, avoir affaire à une maison de Paris; ce sera moins cher et nous aurons plus de choix. C’est une chose bien fâcheuse que d’être toujours obligé de recourir à Paris aujourd’hui, pour cent questions de détail qui intéressent la construction.