—Est-ce vrai? dit Silvia en s'adressant à Salvador.
—Que trop vrai, hélas! répondit celui-ci en laissant un long soupir s'échapper de sa poitrine.
—Seriez-vous ruiné? s'écria Silvia.
—Oh! pas tout à fait, répondit Roman en souriant; mais il faudra peut-être que M. le marquis vende une partie de ses terres.
Silvia s'était assise, et Salvador, qui avait repris sa place devant le bureau, paraissait enseveli dans de profondes et tristes réflexions.
—Il ne faut pas vous chagriner, lui dit sa maîtresse; ce n'est qu'un moment à passer; il faut diminuer le train de votre maison, supprimer une partie de vos équipages... et des miens, ajouta-t-elle à voix basse.
Salvador venait d'être piqué à l'endroit le plus sensible.
—Diminuer le train de ma maison! s'écria-t-il, supprimer une partie de mes équipages! cela est impossible! Que penserait-on de moi dans le monde? on croirait que je suis ruiné, et le ministère ne m'accorderait pas la place que je sollicite.
—Il est certain, M. le marquis, que si l'on vous voit déchoir au premier acte de votre apparition dans le monde, vos espérances dans le monde ne se réaliseront pas.
—Il faut pourtant que je sorte de cet affreux labyrinthe.