Les Savoyards de la bande des fameux Delzaives frères, étaient pour la plupart d'adroits et audacieux vanterniers.
Un vol à la vanterne n'est quelquefois que le préliminaire d'un assassinat: des vanterniers voulaient dévaliser un appartement situé a l'entre-sol d'une maison du faubourg Saint-Honoré; l'un d'eux entre par la fenêtre, visite le lit, ne voit personne, bientôt il est suivi par un de ses camarades et tous deux se mettent à chercher ce qu'ils espéraient trouver, mais bientôt ils aperçoivent une jeune dame endormie sur un canapé, elle avait au cou une chaîne et une montre d'or, elle roupille (elle dort) dit à son compagnon l'un des vanterniers, Delzaives, surnommé l'Ecrevisse, il faut pesciller le bogue et la bride de jonc (il faut prendre la montre et la chaîne d'or), mais si elle crible (crie), répond le second vanternier le nommé Mabou, dit l'Apothicaire, si elle crible reprend l'Ecrevisse, si elle crible on lui fauchera le colas (coupera le cou). La jeune dame qui n'était endormie qu'en apparence et qui entendait sans en comprendre le sens les paroles que prononçaient les voleurs, eut assez de prudence et de courage pour feindre de toujours dormir profondément, aussi il ne lui arriva rien.
Le recéleur de la bande dont Delzaives dit l'Ecrevisse, était le chef, se nommait Métral et était frotteur de l'impératrice Joséphine. On trouva chez lui lors de son arrestation des sommes considérables.
L'auteur de ce livre a fait une rude guerre aux vanterniers de la bande des frères Delzaives et il est enfin parvenu à les faire tous condamner.
FIN DU QUATRIÈME VOLUME.
LES VRAIS MYSTÈRES DE PARIS.
LES
DE PARIS,
PAR VIDOCQ.
TOME CINQUIÈME.