BRUXELLES,
ALPH. LEBÈGUE ET SACRÉ FILS,
IMPRIMEURS-ÉDITEURS.
1844

LES VRAIS

I.—Beppo et Silvia.

Comme il est assez ordinaire aux hommes de passer d'une extrémité à l'autre, une fois que la paix fut faite entre Salvador, ses amis et ceux qui avaient pris part au complot ourdi par Délicat et Coco-Desbraises, les bandits furent les premiers à accuser de tout ce qui s'était passé ceux qui n'étaient plus là pour se défendre, et à promettre une soumission sans bornes et une obéissance aveugle à Salvador ainsi qu'à ses compagnons.

—C'est très-bien leur dit Salvador après avoir écouté avec beaucoup de patience leurs protestations de regrets et de dévouement, mais ce n'est pas de tout cela qu'il s'agit maintenant, voilà la plombe[479] de la décarrade[480], et nous ne pouvons pas laisser là ces trois falourdes engourdies[481], il faut nous en débarrasser.

—Si encore avant de caner[482] ils nous avaient donné l'adresse du médecin à qui qu'ils les solisaient[483] leurs falourdes engourdies, nous aurions pu bloquire[484] celles-là, dit Charles la belle Cravate en heurtant du pied les cadavres étendus sur le sol.

—Mais vous ne l'avez pas cette adresse, répondit Roman, ainsi il faut renoncer à cette spéculation et ne songer qu'à nous débarrasser de ces charognes, mais comment faire?

—C'est en effet assez embarrassant, dit le vicomte de Lussan.