Cependant, par un instinct machinal, il s'empare du marteau, il se décide à frapper:
—Le sort en est jeté, que Dieu me protège, dit-il.
Deux minutes s'étaient à peine écoulées, qu'une voix d'homme, partie de l'intérieur, se fait entendre et lui demande, en patois provençal, à travers un petit grillage pratiqué dans la porte:
—Qui frappe à cette heure avancée de la nuit, et que désire-t-on de moi?
—Ah! monsieur le curé, de grâce! Je suis entièrement nu, blessé, mourant de faim, de froid et de fatigue, répond Servigny: j'implore vos secours!
—Attendez, mon ami, lui dit le bon curé, je vois votre pitoyable état; attendez deux minutes, je vais vous ouvrir.
Il revient bientôt avec la clé et une lanterne à la main; il ouvre la porte et s'empresse de jeter un manteau sur les épaules de Servigny: puis le regardant plus attentivement:
—Dieu du ciel! s'écrie-t-il, vous êtes sans doute une des victimes des brigands qui infestent la forêt de Cuges?
Puis, sans attendre la réponse de Servigny: