—Ainsi, notre hôtel à Paris?

—Est charmant et délicieusement meublé.

—Notre maison des champs?

—Est un joli petit château, situé à quelques lieues de Paris, tout près de Lagny, jolie petite ville du département de Seine-et-Marne, où mademoiselle de Beaumont a été élevée.

—Mais, si je ne me trompe, vous êtes aussi de Lagny?

—Il est vrai, et le hasard a voulu que je retrouvasse en mademoiselle de Beaumont une jeune fille que j'ai connue lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant et moi un très-jeune homme.

—Vraiment, et vous vous êtes reconnus de suite?

—La maison habitée à Lagny par mademoiselle de Beaumont était voisine de celle de ma mère, et son nom était resté dans ma mémoire; ce n'est que ce souvenir qui m'a aidé à reconnaître votre nièce car les années ont fait de la gracieuse enfant une si admirable jeune fille...

—Que je prévois qu'il faudra bientôt que je me résolve à m'en séparer, répondit sir Lambton en regardant attentivement Paul Féval; les épouseurs, j'en suis certain, vont se présenter en foule à l'hôtel Lambton; et comme je n'ai pas l'intention de condamner ma nièce à conserver le feu sacré, il faudra bien que j'accorde sa main à quelqu'un.

Paul Féval ne put entendre ces mots sans éprouver une certaine émotion, il pût cependant répondre de l'air le plus naturel du monde, qu'il était certain que mademoiselle de Beaumont ferait un choix digne d'elle, et qui assurerait son bonheur.