Florence.
«M. le marquis,
»Ma femme m'a fait lire les quelques mots que vous lui avez adressés; je suis, vous devez le croire, excessivement sensible à votre extrême politesse et je suis charmé de ce que le hasard me fournit l'occasion de vous prouver ma reconnaissance.»
Servigny raconte ici la rencontre qu'il a faite dans l'Inde de Jazetta, et les circonstances qui ont accompagné la mort de cette malheureuse femme.
«Je vous envoie, M. le marquis, les objets qu'elle me confia au moment de rendre son âme à Dieu, afin que je vous les remisse, si par hasard je vous rencontrais; vous recevrez, j'en suis convaincu, avec une douloureuse satisfaction, ces objets qui vous rappelleront une femme dont vous avez eu bien à vous plaindre; mais dont les longues souffrances ont racheté les fautes et qui est morte pleine de repentir et de résignation.
»Cette infortunée, M. le marquis, est morte avec la crainte que ses fautes ne vous aient déterminé à abandonner son fils; elle se trompait, sans doute, et je suis persuadé que vous avez toujours été, pour le jeune Fortuné, un père aussi tendre qu'indulgent.
»Si vous voulez bien me le permettre M. le marquis, et dans le cas où votre fils serait encore dans cette ville, je verrai, en passant à Genève, cet enfant qui doit être maintenant presque un homme; j'ai promis à sa mère mourante de lui porter ses dernières paroles, et je voudrais qu'il me fût permis d'accomplir ce dernier vœu d'une femme coupable, il est vrai, mais bien malheureuse.
»Les liens qui vous attachent à la meilleure amie de ma femme, me donnent l'espoir, M. le marquis, que vous voudrez bien m'accorder votre estime d'abord, et plus tard votre amitié; je tâcherai, du reste, de me montrer digne de l'une et de l'autre.
»Daignez agréer, M. le marquis, l'assurance de la parfaite considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être,
»Votre très-humble et très-obéissant