—Hélas! mon Dieu! s'écria la pauvre mère en levant ses deux mains vers le ciel, protégez mon pauvre enfant, s'il est encore digne de votre divine miséricorde.
—Oh! vous pouvez prier pour moi, ma mère, ce que je veux faire est bien.
—Non, ma mère, non, je vous en donne l'assurance.
—Alors, mon fils, que la volonté de Dieu soit faite; viens ici aussi souvent que cela te sera possible, je te promets de ne jamais t'interroger.
Beppo embrassa de nouveau sa mère et Georgette, qu'il quitta après leur avoir fait la promesse de revenir bientôt leur rendre visite. Ce fut en sortant de chez lui qu'il fit la rencontre du cocher de Salvador qu'il voulut conduire chez un commissaire de police.
—Allons, dit Beppo, laissez à votre camarade le soin de garder votre voiture, et suivez-moi de bonne volonté; vous devez être convaincu que je suis assez fort pour vous traîner si vous ne m'obéissez pas.
Ce misérable commença à trembler de tous ses membres à l'audition de cette menace; il devinait qu'une fois qu'il serait entre les mains de la justice, son maître l'abandonnerait si le crime qu'il avait commis venait à être prouvé, et il était forcé de reconnaître qu'il méritait une punition rigoureuse.
—Voyons, répondit-il, car il voulait absolument se retirer de la fâcheuse position dans laquelle il se trouvait placé, voyons, il y a peut-être moyen de s'arranger; vous me paraissez un brave jeune homme, vous ne devez pas vouloir la mort du pécheur, entrons chez le marchand de vins, nous causerons, et si nous ne nous arrangeons pas, eh bien! je vous suivrai où vous voudrez.
—Au fait, se dit Beppo, ce n'est pas à ce pauvre diable, qui n'a fait après tout qu'obéir aux ordres de son maître, que j'en veux.