—C'est singulier, dit le substitut, approchez, brave homme, continua-t-il en s'adressant au père Coquardon qui était resté à l'entrée de la pièce avec les autres spectateurs de cette scène, approchez.
Le père Coquardon s'empressa d'obéir à cette invitation.
—Vous connaissez monsieur, lui dit le substitut.
—Si je le connais, mon procureur, répondit Coquardon, un brave seigneur du bon Dieu, aussi riche que le roi (ici, le père Coquardon, fidèle à son habitude de profond respect pour la royauté, ôta le bonnet de laine qui couvrait ses cheveux blancs), mais qui fait le meilleur usage de ses richesses; certainement que je le connais, et je suis bien marri, soyez en sûr, de le voir dans cet état.
—Je ne connais pas cet homme, dit Salvador qui, effectivement, n'avait jamais remarqué le père Coquardon.
—C'est bien possible, M. le marquis, vous autres grands seigneurs, vous n'avez pas le temps de faire attention à des petites gens comme nous autres; mais ça n'empêche pas que j'sois prêt à dire à ces messieurs que vous êtes ben le plus humain et le plus charitable de tous les gros de Choisy-le-Roi.
—Dites-nous le nom de monsieur, s'écria le substitut que les circonlocutions du père Coquardon commençaient à ennuyer, cela vaudra beaucoup mieux.
—Eh! pardine, j'vous l'on déjà dit, c'est M. le marquis de Pourrières, répondit le bonhomme.
—C'est singulier, répéta le substitut.
—Très-singulier, en effet, ajouta le commissaire de police.