—Il y a là-dessous un mystère qu'il serait peut-être bon de pénétrer, dit à voix basse le médecin.

—Je me suis fourré dans une impasse, se dit Salvador qui avait entendu les quelques paroles échangées entre les deux fonctionnaires publics et le docteur, comment en sortir?... Que le diable emporte ce vieux belître!...

Il se retourna dans son lit, et lorsque le substitut revint près de lui pour l'interroger encore, il lui dit qu'il ne se sentait pas assez de forces pour lui répondre, et qu'il le priait de vouloir bien donner des ordres afin qu'il restât seul quelques heures. Demain, ajouta-t-il, je vous expliquerai ce qui vous paraît extraordinaire.

Il voulait se procurer le temps de réfléchir.

Le substitut ne crut pas devoir refuser de satisfaire le désir exprimé par le blessé, que rien, du reste, n'accusait encore positivement, et puis M. le marquis de Pourrières était un de ces hommes qu'il ne fallait pas s'exposer à mécontenter, à moins que ce ne fût à bon escient.

Il se retire donc suivi de tous ceux qui étaient entrés avec lui dans l'appartement.

Nous avons laissé Beppo se faisant conduire à la préfecture de police; nous le retrouverons dans le cabinet de son patron, auquel il raconte les événements qui viennent de se passer.

—Ainsi, lui dit le chef de la police après l'avoir écouté, vous êtes bien certain que le marquis de Pourrières et le vicomte de Lussan ne sont autres que ceux auxquels les révélations donnent les noms de Rupin, du grand Richard ou du Provençal?...

—Aussi certain qu'il est possible de l'être.

—Songez que vous prenez la responsabilité d'un fait grave; le marquis de Pourrières et le vicomte de Lussan sont des personnages considérables que l'on ne peut arrêter sans être bien certain de ne point se tromper.