—Très-bien; madame de Roselly, lorsqu'elle était première chanteuse au grand théâtre de Marseille, recevait très-souvent chez elle un usurier juif nommé Josué?

—Je l'ignore.

—C'est possible; mais vous connaissiez ce juif?

—En effet; je me trouvai, peu de temps après ma sortie de la maison paternelle, mis en rapport avec le juif Josué de Marseille; cet homme me prêta, en diverses fois, des sommes qui formèrent avec les intérêts un total très-considérable; lorsque je rentrai en France, après la mort de mon père, je le payai et tout fut dit; ce ne fut même pas moi qui réglai et soldai mes comptes avec le juif Josué, je chargeai de ce soin mon intendant.

—M. Lebrun?

—Lui-même, et je dois ajouter que je fus très-satisfait de la manière dont il s'acquitta de cette mission. Puisque mes papiers ont été saisis, vous devez avoir entre les mains les quittances de Josué?

—Les voici; avez-vous vu le juif Josué depuis votre retour en France?

—Non, monsieur.

—Vous ne l'avez jamais rencontré chez la marquise de Roselly?

—Jamais.