—Laisse-la donc, dit une des femmes à celle qui venait de parler, ne sais-tu pas que lorsqu'elle s'est fourré quelque chose dans la tête, il n'y a pas moyen de la faire changer d'idée?

—Ah! il n'y a pas moyen de me faire changer d'idée! s'écria Elisabeth en se levant brusquement du siége qu'elle occupait. Eh bien! c'est ce qui vous trompe, j'en vais boire du punch et plus que vous encore; et joignant l'effet aux paroles, Elisabeth prit l'un après l'autre plusieurs verres et les vida chacun d'un seul trait.

—Cette malheureuse est folle, dit à voix basse Flamant à celle des femmes qui se trouvait près de lui.

—Un peu, répondit la fille, mais c'est égal, c'est une bonne camarade, et ses accès ne durent pas longtemps.

—Et on la garde ici?

—Elle est jeune, elle est jolie, n'est-ce pas tout ce qu'il faut?

Pendant que Flamant et la fille échangeaient ensemble les quelques paroles qui précèdent, Elisabeth, qui était restée debout près de la table, s'approcha doucement d'Albert; elle s'assit sur ses genoux et après lui avoir adressé le plus gracieux sourire qui se puisse imaginer, elle lui demanda une petite somme que celui-ci s'empressa de lui donner. Lorsqu'elle eût obtenu ce qu'elle désirait, elle sortit en courant du salon.

La femme qui causait avec Flamant avait remarqué ce qui venait de se passer.

—Vous lui avez donné de l'argent? dit-elle à Albert.

—Oh! peu de chose, répondit-il, mais que signifie tout ceci?