Pâle et léger bijou, ivoire, corail, est-ce que vous respirez encore ? Je voudrais voir un souffle traverser votre linge, ô poupée, petite poupée !

Si je vous le disais pourtant !… Si je vous disais que je n’ai pour vous ni tendresse, ni faiblesse, nulle amitié, que je suis sans confiance, que je ne sens pas même cette obscure sympathie qu’il arrive de donner à une passante. Jamais ne m’abandonnerai. Jamais ne m’apitoierai. Le misérable destin de l’humanité, ce n’est pas toi, — ou c’est bien toi, de la tête aux pieds. Nulle autre que toi.


Est-ce que tant de fragilité finira par m’émouvoir ? Est-ce que j’aurai besoin d’imaginer ce que j’aurais souffert, quand tu m’aurais trompé, si je t’avais aimée.


Blonde, ce n’est rien dire. Tu es comme les blés à l’instant qu’ils ont cessé d’être verts. Comme une jeune pousse. Comme une boîte de poudre de riz ouverte dans un rayon de soleil.


Tu peux bien pleurer, à présent, tu peux bien pleurer à te rompre les veines.

Tu sens à cette heure sans lumière quelle solitude est la tienne, que dans toutes les maisons du monde vivent des cœurs amis, et nul qui batte pour toi, non certes le mien, tu dois pourtant le deviner. Tu écoutes chanter la petite fille qui saute à la corde sous le reverbère. Tu te souviens de ta propre enfance et que tu te croyais assez bonne. Tu penses qu’un jour tu seras vieille, une laide vieille, à peine cette fleur de ta joue sera-t-elle fanée.