Où était-elle donc ? On l’avait enlevée, ou bien elle dormait encore ?… Dans la chambre, elle entendit respirer, et regarda du côté d’où cela venait. Il y avait sur la chaise longue une forme de femme enveloppée dans une couverture. Mais c’était P’tit-Jy. Oh ! P’tit-Jy !

Sophie se leva en chemise et alla embrasser P’tit-Jy. P’tit-Jy fit un mouvement, elle grommela : « Ah ! zut ! la barbe ! laisse-moi dormir. » Mais elle dit, tout de suite après, joyeusement : « Ah ! c’est toi, Fifi ? Bonjour, ma gosse ! T’as bien dormi ? »

— Oui, P’tit-Jy ! Oh ! oui ! Mais toi, pourquoi tu t’es mise là ? Pourquoi que tu ne t’es pas couchée dans le lit ?

P’tit-Jy avait eu peur de lui faire froid et de la réveiller. Elle qui était si fatiguée hier !…

— Tu ne vas pas rester là ?

P’tit-Jy alla se coucher près de Fifi. Elle la prit dans ses bras avec des petits mots : « Bonjour, bonjour, ma jolie gosse ; bonjour, ma choute… » Puis elle dit : « Je ne veux plus que tu pleures, Fifi. Quand on te fera des misères, tu viendras me le dire… »

Sophie se serrait contre P’tit-Jy :

— Comme c’est gentil ici !

— C’est un bath meublé, fit P’tit-Jy. Mais cher. Faut pas être manchote pour rester là. J’y ai pas toujours été, tu sais. J’ai couché sur les bancs. Tiens ! les commencements !

— T’as été bien malheureuse aussi ?