—Vous me manquez en parlant ainsi d'un officier qui m'approche, monsieur.
—Je suis fâché, c'est mon opinion... je suis un ancien... un franc marin... et je dis ce que je pense.
—On peut, monsieur, être à la fois ancien marin et calomniateur en accusant à faux un brave et loyal camarade... j'en suis fâché, mais vous m'obligez à vous infliger une punition, vous garderez les arrêts huit jours, monsieur.
—Mille tempêtes, être puni par un enfant... par un mousse....
Le commandant pâlit, ses lèvres se contractèrent, mais il répondit avec le plus grand calme.
—Monsieur, vous perdez la tête, vous oubliez que chacun de mes grades a été acheté par une blessure ou une action qu'on a bien voulu remarquer... ne me faites donc pas rougir, en m'obligeant à parler ainsi de moi.... Vous n'êtes pas généreux, monsieur, vous savez que le temps, le lieu et ma position ne me permettent pas de répondre à votre injure, mais comme avant tout je suis commandant de cette frégate, vous garderez les arrêts forcés pendant un mois, monsieur, et je suis indulgent; car vous m'avez injurié chez moi, et je pouvais vous faire passer à un conseil. Je désire être seul, monsieur.
Et le commandant se remit froidement à lire.
—Mais tonnerre de....
—Monsieur—dit le jeune officier en se levant—je serais désolé de finir par appeler le capitaine d'armes....
Et le lieutenant Jacquey, vaincu par cette fermeté, sortit en maugréant.