Aussi la malheureuse femme ouvrit affreusement les yeux... se dressa raide sur son séant, et cria d'une voix strangulée en jetant ses bras en avant avec un indéfinissable accent de terreur:
—Wil... Wil... Atar-Gull... ne... Jenny....—Ses forces la trahissant, elle ne put achever.
M. Wil fit un signe d'approbation, croyant qu'il s'agissait encore de la promesse d'emmener Atar-Gull.
—Père, père—dit bas Atar-Gull—les victimes ne te manqueront pas là-haut; la vengeance commence.
On arracha M. Wil de la chambre de sa femme.
Atar-Gull fit pour lui ce qu'il avait fait pour madame Wil, le veilla, le soigna avec tant de zèle, d'abnégation de lui-même, que le gouverneur—voulant lui donner une marque d'estime probante—ajouta de sa main, sur son acte d'affranchissement, qui fut demandé par le colon, les louanges les plus flatteuses sur son zèle et son vertueux attachement pour ses maîtres.
Enfin—deux mois après la mort de sa femme—M. Wil réalisa le peu qui lui restait, paya ses dettes, et s'embarqua avec son fidèle noir pour Portsmouth, sur la frégate le Cambrian, qui retournait en Angleterre.
CHAPITRE V.
Un bienfait n'est jamais perdu.
Proverbe populaire.