Elle lui avait promis quelque chose qu'il attendait avec une inconcevable impatience.

Les appartements de ce château étaient vastes et gothiques, mais commodes, retirés, silencieux.

Et il voyait la jeune femme à moitié couchée sur un de ces antiques fauteuils, si bons et si moelleux.

Vêtue d'un blanc et frais peignoir de mousseline qui laissait voir le bout de sa jambe fine et ronde et son joli pied chaussé d'une petite pantoufle bleue... son beau bras passé autour du cou d'Arthur, elle abaissait sur lui son humide regard.

—Tu m'aimeras donc toujours... Arthur—lui disait-elle... en le baisant au front.

—Oh! toujours, ma vie, à toi, ma vie...—disait l'ardent jeune homme, en liant avec volupté ses bras à la divine taille de sa jolie sœur, mère ou amie, comme il disait.

Elle fit un mouvement en arrière... son peigne tomba, et son admirable chevelure noire se déroula sur son cou, sur ses épaules, sur ses bras, en une multitude de boucles brunes et luisantes....

Et Arthur baisait ces beaux cheveux avec transport et ivresse, les divisait, les nattait, en couvrait sa figure.

Et elle, palpitante et rêveuse, le laissait faire, mais elle sentit tout-à-coup les lèvres de l'enfant frissonner sur les siennes.

Il s'était traîtreusement caché sous l'épaisse chevelure de la jeune femme, et dressant tout-à-coup sa jolie figure au milieu de cette forêt d'ébène, qu'il partagea en deux touffes soyeuses... il avait surpris un baiser....