Atar-Gull débarqua avec son maître.

Le commandant de la frégate voulut ajouter les témoignages les plus flatteurs en faveur du nègre, qui, par ses soins pour le malheureux Wil, avait excité la sympathie de tout l'équipage.

Mais M. Wil ne resta pas long-temps en Angleterre, ses ressources étaient modiques, et suivant les conseils d'Atar-Gull et du docteur, qui venait quelquefois le voir à Portsmouth, il partit pour la France, où l'on vivait à bien meilleur marché, lui disait-on.

—Enfin—se dit Atar-Gull—je touche au moment de compléter ma vengeance.... Oh!... elle sera terrible et longue surtout.... J'aurais pu le tuer... mais la mort serait un incroyable bienfait auprès de la vie que je lui prépare....


LIVRE VI.


CHAPITRE I.

Il y a dans mon cœur un levain horrible de
cruauté.—Je voudrais que ceux qui ont fait
souffrir les autres souffrissent une fois tout ce
qu'ils ont fait souffrir, je voudrais que cette impression
fût déchirante, et profonde, et atroce,
et irrésistible.—Je voudrais qu'elle saisit l'âme
comme un fer ardent; je voudrais qu'elle pénétrât
dans la moelle des os comme un plomb
fondu; je voudrais qu'elle enveloppât tous les
organes de la vie comme la robe dévorante du
centaure!
Charles Nodier.—Roi de Bohême.

Enfin, mon enfant, ce bon serviteur, non content
de prodiguer au vieillard les soins les plus
touchants, le nourrissait de son pain, ce qui
vous prouve qu'on ne doit jamais rudoyer les
domestiques.
Contes à Lolo.—par un académicien.—Édition rare.