Un jour, environ deux mois après son arrivée à Paris, il fit signe à Atar-Gull de s'asseoir près de son lit, et lui fit lire l'espèce de journal dont nous avons parlé, qui, à chaque page, portait le nom d'Atar-Gull pompeusement entouré d'épithètes flatteuses et touchantes.
Enfin ce journal finissait par ces mots:
«Au moins, après ma mort, mon bon serviteur gardera ce témoignage de mon attachement et de ma reconnaissance; car le ciel m'ayant retiré ma famille, je reste tout seul au monde, isolé sur une terre étrangère, et je ne serais pleuré de personne, si le fidèle ami qui me sert, me nourrit même du peu qu'il gagne... n'était là pour me fermer les yeux et me donner une larme...»
Quand Atar-Gull eut lu ces pages, il les prit, et les serra, d'après l'ordre du colon, dans une petite cassette dont il avait seul la clef....
Mais le lendemain il se passa dans cette chambre triste et retirée, entre ce bon et digne homme et son fidèle serviteur, l'horrible scène qu'on va lire.
CHAPITRE II.
—Tu n'as pas reçu mission de faire ce que
tu as fait... donc que les pleurs et le sang
retombent sur ta tête.
alex. Dumas.—Napoléon Bonaparte.
..............Il tremblait de mourir;
Mourir! c'est un instant de supplices... mais vivre....
Frédéric Soulié.—Christine.