Et l'honnête médecin tendit la main à Atar-Gull en essuyant ses yeux humides....
—Je n'ose, monsieur le docteur—dit le nègre avec humilité....
—Allons donc, mon garçon, mon ami, mais je m'honore, moi, en pressant la main d'un modèle de vertu et d'héroïsme... car enfin c'est de l'héroïsme—disait le docteur en serrant Atar-Gull dans ses bras.
Ce spectacle fut au-dessus des forces du colon.
Sa figure, de pâle et livide qu'elle était, devint rose, pourpre et violacée....
Ses yeux s'ouvrirent, et la prunelle disparut sous la paupière....
Il fit entendre une espèce de cri guttural, rauque et métallique... et sa bouche écuma... et ses membres se raidirent....
—Son accès le reprend, monsieur le docteur—dit le nègre—vite la camisole.
Non—dit tristement le médecin—non, c'est inutile, ce spasme, cet érétisme vont consumer le reste de ses forces... Faible qu'il est, sa dernière heure approche... Pourquoi vous le cacher, mon ami... dans une heure peut-être... vous ne verrez plus votre maître... plus jamais.... Allons... allons... du calme... faites-vous une raison... écoutez-moi....
Mais Atar-Gull ne l'écoutait plus.